Isa Maître es Forum


 Nombre de messages: 17741 Age: 51 Date d'inscription: 29/03/2007
 | Sujet: 28 décembre 1895 Mer 26 Déc - 20:56 | |
| 28 décembre 1895 - Première séance publique du 7e Art La première séance publique de cinéma a lieu le 28 décembre 1895, dans le sous-sol du Grand Café du boulevard des Capucines, à Paris.
Les frères Lumière, inventeurs du cinématographe, ont présenté leur invention à un public de scientifiques quelques mois plus tôt, le 22 mars 1895. Cette fois, ils s'adressent au grand public mais ils ignorent que dans la salle se tient un magicien... Georges Méliès. Il sera le véritable fondateur du «7e Art»

Le public découvre le cinéma
Le 28 décembre, 35 badauds se laissent attirer par l'affiche du «Cinématographe Lumière». Pour un franc, ils assistent à la représentation de plusieurs sketches, à commencer par La sortie des ouvrières de l'usine Lumière, L'arroseur arrosé et L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat.
L'effet est saisissant. Tandis que la presse dédaigne l'invention, le bouche à oreille amène des centaines de personnes à faire la queue devant le Grand Café, où s'enchaînent les représentations...
À noter que deux ans plus tard, c'est dans une salle de cinématographe que se produira le mémorable et dramatique incendie du Bazar de la Charité.
Méliès, fondateur du 7e ArtLe prestidigitateur Georges Méliès (33 ans), qui figure parmi les spectateurs de la première séance publique, est un passionné de magie. Il a vendu quelques années plus tôt ses parts dans l'entreprise familiale pour s'acheter le théâtre parisien de Robert Houdin.
Le premier, il entrevoit la dimension artistique du cinéma. Il se porte acquéreur de l'appareil des frères Lumière. Auguste refuse de le vendre, lui disant : «Remerciez-moi, je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n'a aucun avenir commercial» !
Ne pouvant racheter l'appareil des frères Lumière, Georges Méliès fabrique le sien, le «kinétograph». Dès 1896, pour renouveler l'intérêt du public, il a l'idée de monter des fictions et invente les premiers effets spéciaux du cinéma.
L'histoire est curieuse : Georges Méliès est en train de tourner une scène de rue quand son appareil se bloque pendant une minute. Au développement, il découvre sur la pellicule un omnibus Madeleine-Bastille soudainement mué en... corbillard (Stanley Kubrick perce déjà sous Méliès).
À Montreuil-sous-Bois, près de Paris, Georges Méliès ouvre en 1897 un studio cinématographique. Il crée sa propre compagnie, la Star-Film, et va réaliser un millier de films.
Le cinéaste ne fait pas seulement des fictions. Il présente aussi les premières actualités. C'est ainsi qu'en 1901, il filme le couronnement du roi Édouard VII en mêlant les scènes de fiction, avec des figurants (un blanchisseur parisien joue le rôle du roi), et un tournage in situ, à la sortie de l'abbaye de Westminster. Cet exploit vaut au cinéaste d'être invité par la famille royale. Les premiers films sont alors appelés «vues». Ils sont bien entendu muets et mesurant 125 mètres, ils ne durent que 4 minutes. Ces films sont diffusés dans les baraques de foire.
Méliès réalise un premier «long métrage» avec son chef-d'oeuvre : Le voyage dans la lune. Ce film d'une durée exceptionnelle de 16 minutes rebute dans un premier temps les forains auxquels il est présenté. Le cinéaste convainc néanmoins l'un d'eux de faire un essai à la Foire du trône, à Paris. Le public est comblé et le film est bientôt diffusé en de nombreux exemplaires dans le monde entier.
Mais le génial créateur est rapidement dépassé par le succès mondial du cinéma. Qui plus est, la Grande Guerre de 1914-1918 porte un coup fatal au cinéma européen et favorise l'émergence des studios d'Hollywood.
Georges Méliès doit jeter l'éponge en 1923 faute d'avoir donné à sa compagnie une dimension industrielle. Sans perdre son sourire, il poursuit sa vie en vendant des fleurs à la gare Montparnasse avec sa deuxième épouse. Reconnu par d'illustres cinéastes, il obtient, grâce à une mobilisation de la profession, de finir sa vie en 1938 au château d'Orly, la maison de retraite du cinéma. |
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